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A Tuléar où il naît le 16 juin 1959, Régis entend très tôt le son de l’accordéon, un petit modèle diatonique que possède son père. Ce sont surtout ses frères qui l’utilisent et quand il commence à prendre l’instrument familial vers l’âge de six ans, ce n’est pour lui qu’un jouet avec lequel il essaie de reproduire ce qu’il entend. Il le fait assez bien pour qu’une formation de quartier qui anime les soirées vienne le chercher lorsqu’il a douze ans pour jouer un peu de musette, du sega et d’autres rythmes dansants. Il explore alors les possibilités du modèle chromatique à touches clavier que vient d’acheter son père. Au cours de ses vacances dans le village de sa mère, le jeune garçon fait la découverte des styles traditionnels liés aux rituels et aux fêtes. Son doigté est le résultat de ses observations.
Après deux ans à l’université de Tamatave pour étudier la gestion, sur la Côte Est de Madagascar, Régis retourne à Tuléar où il reprend la musique avec ses copains, puis décide de tenter sa chance à Antananarivo, la capitale, où il s’installe en 1984. Il est persuadé qu’il peut percer avec ses propres compositions, il crée son premier groupe, Regis Sy Landy, un duo mixte. Il obtiendra ensuite le Prix Découvertes, signe un début de carrière fulgurant.
Il retrouvera alors le guitariste d’exception, D’Gary, qu’il connaît depuis son enfance à Tuléar et qui jouit aujourd’hui d’une renommée internationale. En 1990, grâce aux deux morceaux qu’il avait envoyés à Paris, il est lauréat du concours musical annuel «Découvertes» organisé par Radio France Internationale.
Lors de la cérémonie de remise des prix à Conakry, il attire l’attention du batteur Francis Lassus (Claude Nougaro, Laurent de Wilde, Ray Lema…) qui cherche à monter un groupe. Régis est donc invité en France pour prendre part à l’aventure de Bohé Combo aux côtés entre autres des talentueux Richard Bona, Sally Nyolo, Jean-Michel Pilc…  En 1993, il est auditionné par I Muvrini qui le choisit pour remplacer le jazzman Daniel Mille.
Grâce au prix que lui avait décerné RFI trois ans plus tôt, il avait enfin pu s’acheter son premier accordéon, un modèle à 4.000 F «pour les débutants», lui apprend un jour un réparateur. Une tournée avec le chanteur folk d’origine néo-zélandaise Graeme Allwright en 1994, des centaines de concerts avec I Muvrini, des participations aux albums des Têtes Brûlées, Zao ou D’Gary, Régis n’est pas en manque de sollicitations mais a envie de s’exprimer en toute liberté, de revenir vers ses racines et de donner sa version de la musique malgache.
Fin 1995, il enregistre son premier album solo, «Mikea», en hommage à l’ethnie du même nom, vivant de la cueillette et de la chasse, au sud-ouest de Madagascar, à l’écart de la civilisation moderne mais dont le mode de vie ancestral est menacé par la déforestation alarmante. En duo avec le percussionniste David Mirandon, un ancien de Bohé Combo, Régis propose une autre façon de jouer de son instrument qu’il continue à découvrir. L’accordéon, il ne l’a jamais travaillé, dit-il sans hésitation. Parce qu’il n’en a pas eu pendant longtemps, mais aussi parce que ce n’est pas sa façon de voir les choses car d’après lui « les meilleurs musiciens ne sont pas ceux qui récitent ».
A Québec où il se produit en 1996, on lui remet le prix Miroir de l’espace francophone qu’il partage avec D’Gary. Il est programmé par bon nombre de festivals world, en Louisiane à Lafayette, à Angoulême où il devient un incontournable des Musiques Métisses. En 2000, Régis Gizavo réalise son nouvel album «Samy Olombelo» comme la continuation du précédent. Il aborde les problèmes écologiques sous un autre angle, il n’évoque plus les Mikea mais les lémuriens, cette espèce animale si curieuse, elle aussi mise en danger par le défrichage incontrôlé. Pour la seconde fois aussi, il s’empare du patrimoine traditionnel de Madagascar en adaptant un rythme renitra à son accordéon chromatique, un exploit devenu sa signature musicale.
En juin 2002, Régis Gizavo accompagne un autre accordéoniste, Marc Berthounieux, en Afrique du Sud, pour une série de concerts qu’ils donnent en compagnie de David Mzwandile, qui excelle dans le même art qu’eux. Sur place, à l’occasion du Festival de Grahamstown, le plus grand de la région, il rencontre le guitariste sud-africain Louis Mhlanga, avec lequel il sympathise et envisage de collaborer musicalement. C’est également l’année où il s’associe au chanteur brésilien Lenine pour la composition de quelques titres, présents sur l’album «Phalange Canibal» de ce dernier, sorti le 9 juillet 2002. En octobre, Régis participe au festival Womex, en Angleterre.
2003 est l’année de la scène pour le Malgache aux doigts d’or. Il représente Madagascar sur les planches du Festival Hauts de Garonne et de l’Africajarc, dans le Lot, en juillet. Le mois suivant, il propose sa «world musette» au festival des Vaches au Gallo. Cesaria Evora lui propose cette année-là de participer à la composition de son album «Voz de Amor», qui sort le 23 septembre. Mais cette année représente surtout la date de naissance de la formation Madagascar All Stars, composée de 5 artistes majeurs de la scène malgache : Fenoamby, Justin Vali, Dama, Erick Manana, et Régis Gizavo lui-même. Leur rencontre est organisée par la directrice d’une agence de voyages malgache basée à Paris, et leur premier concert a lieu en février, lors de la soirée «Madagascar un soir».
Les années 2004 et 2005 sont marquées par ses passages sur les scènes des festivals : les Francofolies de Spa, en Belgique, les Nuits Atypiques de Langon et le Festival Métisses d’Angoulême reçoivent chaleureusement le musicien. En 2005, Gizavo rencontre les Mahotella Queens, trois chanteuses reines de la musique sud-africaine. En compagnie de Louis Mhlanga, il réalise l’album «Sebai Bai» qui remporte un franc succès. Du 11 mars au 13 avril 2006, il se joint à Cesaria Evora pour une tournée nord-américaine qui se poursuit en Europe et au Maghreb.
2006 sera l’année de l’album «Stories».
Musicien renommé et très sollicité, Gizavo passe beaucoup de temps sur ses propres albums, qu’il laisse mûrir avant chaque sortie. «Stories», qui sort le 21 avril 2006, est le fruit d’une collaboration entre Régis, le Sud-Africain Louis Mjlanga et le batteur français David Mirandon, trio d’amis, dont les influences diversifiées se mêlent en une musique rythmée et colorée. Gizavo présente son projet sur scène lors d’une tournée française d’été qui le fait passer, notamment, par la scène de La Villette, dans le cadre du festival Scènes d’été. Il s’y produit en compagnie des Mahotella Queens.
Lura, une autre chanteuse capverdienne, fait aussi appel à lui cette année-là pour son album «M’bem di fora». En 2007 Régis contribue également à l’album «In the Garden» de Mano Solo qui accompagne sur scène et en studio depuis «Les Animals», il s’en suivra une grande tournée. Le festival Voix des pays, organisé près de Nantes, lui offre une “carte blanche” en juillet: il invite Boubacar Traoré, Graeme Allwright et Mano Solo.
Le projet Madagascar All Stars prend de l’ampleur avec l’enregistrement d’un album, «Masoala», en 2008 au studio Mars à Madagascar. Régis et ses compagnons le présentent lors de quelques festivals, comme à Rudolstadt en Allemagne. Au mois de juin, le chanteur Christophe Mae le fait jouer dans son concert vidéo live «Comme à la maison».
En studio, il participe à l’ultime album de Mano Solo, «Rentrer au Port», à celui du trio français Karpatt, ainsi qu’à «Eclipse» de Lura.
Le guitariste portugais Fernando Lameirihnas, installé aux Pays-Bas et qui l’a fait intervenir sur trois de ces albums, le convainc de partir avec lui en Afrique du Sud en 2010 pour une tournée nommée Cape Connection, avec le chanteur néerlandais Stef Bos, qui fait carrière là-bas.
En 2011, Régis participe à «D’or de Mar» du Capverdien Tcheka dans lesquels il fait entendre son accordéon. Il intègre ensuite le projet Rivière Noire qui réunit entre autres le Brésilien Orlando Morais et le Français Pascal Danaë.
2012 verra la sortie de «Ilakake». Cette fois, le Malgache a convié davantage d’instrumentistes : son compatriote Charles Kely et Daniel Jamet, ancien musicien de Mano Solo, à la guitare ; Thierry Fanfant, Guy N’Sangue et Mishko Ba à la basse…. Les différents univers qu’il a fréquentés au cours des années précédentes se croisent harmonieusement, trouvant leur place sur des compositions qui continuent à être inspirées par la Grande Île. Pour le lancement de l’album, Régis Gizavo est invité en tant qu’artiste “fil rouge” au festival des Nuits de Nacre à Tulles, ce qui le conduit à jouer avec plusieurs autres groupes, dont celui de Manu Dibango.